On leur doit le Musée qui porte leur nom à Avignon, mais qui étaient Jean et Paulette Angladon ? Jean Angladon (1906-1979) et Paulette Martin (1905-1988)) furent mari et femme, élèves tous deux de l'École d'art d'Avignon, artistes et collectionneurs. Ils furent héritiers de la magnifique collection de tableaux et d'objets d'art de leur grand-oncle Jacques Doucet, et c'est gràce à eux que ces trésors, parmi lesquels des chefs-d'œuvre de Sisley, Van Gogh, Modigliani, Cézanne, Degas, Manet, Picasso, entre autres merveilles, peuvent aujourd'hui être admirés à Avignon. Peintres, dessinateurs, graveurs, ils menèrent un compagnonnage artistique hors du commun, chacun à l'écoute de l'autre, s'inspirant parfois des mêmes motifs tout en exprimant chacun un style, une personnalité singulière.
Leur hôtel particulier, rue Laboureur, abritait au second étage un atelier. C'est la que l'équipe du Musée a choisi de leur rendre hommage, dans un exercice d'accrochage << à l'ancienne ››, conduit par Alexandra Siffredi, médiatrice, avec les enfants de l'Atelier. 170 œuvres signées Jean Angladon ou Paulette Martin y sont présentées.
Peintures, gravures, dessins, elles saturent les murs du sol au plafond et résument une production foisonnante, étalée sur cinquante ans de compagnonnage artistique, des années 1930 au début des années 1970. Le décor évoque ce que fut leur atelier : cartons a dessin, carnets de voyage, objets familiers sources d'inspiration que l'on reconnaît dans les tableaux de l'un ou de l'autre...
L'exposition, répartie en quatre salles, mêle les œuvres de Paulette Martin et celles de Jean Angladon. Elle vous projette au cœur de ce compagnonnage créatif. On y reconnaît aisément la touche de chacun 1 pour Paulette, une touche sensible, douce, subtile, attentive aux reflets de couleur, de matière. Pour Jean, une touche plus moderne, elliptique, parfois d'inspiration surréaliste ou cubiste. Peintres avignonnais, eux-mêmes très actifs au sein des différentes mouvances locales comme le groupe des Treize ou le groupe des peintres indépendants d'Avignon, ils ont naturellement été influencés par les mouvements artistiques de leur temps.
La première pièce accueille essentiellement les natures mortes très colorées, objets, bouquets, fruits, gibiers, ou l'on reconnaît des références aux collections du Musée.
La compagnie de Cézanne, Manet, Chardin, a de toute évidence inspiré les habitants de cette maison-musée. Changement d'ambiance dans la deuxième pièce, ou l'on admire leurs dessins et gravures en noir et blanc, qui représentent une part importante de leur travail : paysages de Provence et d'ailleurs, traces de leurs nombreux voyages, carnets de dessin. Ils illustrèrent en particulier les premiers numéros de la revue poétique Poètes casqués créée en 1939 par Pierre Seghers. La troisième salle fait la part belle au surréalisme et pour l'essentiel au travail de Jean Angladon. Elle met en lumière un monde fantasmagorique, onirique, influencé par Dali ou Magritte. La quatrième partie de l'exposition invite à un retour en Provence.
S'y exposent, mêlés en un même élan, maisons, lieux de vie, paysages ou foisonnent les portraits d'animaux, nus, vues d'intérieurs, de monuments, les portraits..., illustrant les dernières années d'un compagnonnage toujours très actif.